Cette nouvelle série est la publication d'un certain nombre de propositions faites à la direction des institutions associatives de la Soka Gakkai en France.
Culture-soka.fr
Le web Soka francophone
Objectif(s)
Le web Soka a pour objectif de concrétiser le projet de Daisaku Ikeda tel qu'il l'a formulé dès les premières années de son investiture et qu'il n'a pas cessé de mettre en œuvre au travers de toutes les institutions qu'il a mis sur pied.
Dans un premier recueil de ses discours et allocutions en 1965, on pouvait lire dans son introduction : « ‘Ô’ de Ôbutsu Myôgô signifie, d’une manière plus large, toutes les activités de la société humaine. Par conséquent, la pratique de Ôbutsu Myôgô ne couvre pas seulement le domaine de la politique, mais aussi l’éducation, les sciences, les arts, le journalisme, l’économie et bien d’autres domaines encore. Il s’agit à présent de créer une nouvelle culture articulée sur la philosophie de la vie de Nichiren Daishonin. Pour cette raison, les activités de la Soka Gakkai auront dans le futur de multiples dimensions et chacune d’elles aura, sans aucun doute, une signification majeure au regard de la destinée de notre monde aussi bien que de celle de la société japonaise. »
A l'instar d'une revue telle SGI Quarterly, le projet culture-soka.fr fait la démonstration de l'esprit Soka présent partout dans nos sociétés depuis les actes les plus simples du quotidien jusque dans les mécanismes mondiaux les plus complexes. S'appuyant non plus sur la seule doctrine bouddhique, culture-soka.fr propose des documents, des reportages et des dossiers complets en prise directe avec les réalités de tous et de toutes en langue française.
Il s'agit donc de voir la foi et la philosophie en action au cœur des articulations du monde qui nous entoure. Au delà de ses manifestations par la prière, l'étude du corpus ou la profession, culture-soka.fr est un outil de navigation au travers des mondes dans lesquels nous habitons, dans lesquels nous avons des familles, dans lesquels nous travaillons et dans lesquels nous espérons avoir une influence décisive.
Culture-soka.fr nous parle donc d'économie, d'emploi, de famille, d'éthique, de sciences, des arts, de relations sociales, de droit, de pédagogie, d'éducation, de philosophies, d'histoire, de nations, de traditions, de cultures vivantes ou disparues, c'est-à-dire d'un ensemble cohérent et pourtant d'une complexité infinie.
Moyen(s)
Le projet culture-soka.fr s'appuie sur une structure naissante en plein développement. Et bien que ses moyens financiers soient très limités, ses capacités d'accès à l'espace publique et plus particulièrement à l'Internet n'ont jamais été aussi grandes.
Mais la politique éditoriale de culture-soka.fr ne s'arrête pas à utiliser le web comme une alternative à une faible capacité éditoriale sur supports de presse ou en termes d'édition de livres. Culture-soka.fr entre de plein pied dans le web 2.0, entretient un forum de discussion, propose des espaces d'exposition virtuels, diffuse des conférences et des cours sous forme audio et vidéo.
Culture-soka.fr est un vecteur moderne, up-to-date, qui tire profit de toutes les technologies disponibles sur le web 2.0 et conserve l'initiative dans le domaine de la communication sur le bouddhisme Soka dans l'espace public. Ces technologies sont en distribution libre et nécessite un entretien rigoureux et volontaire.
Loin de la plate-forme automatisée et statique maintenue par un simple webmaster, culture-soka.fr s'appuie sur une équipe centrale et des contributeurs qui sont autant de correspondants, de spécialistes avertis dans leurs domaines, de personnes éclairées sensibles aux problématiques auxquelles culture-soka.fr s'attache.
Cela signifie de construire un réseau de bénévoles capables et à l'écoute de leur monde. De les fédérer autour d'un ton, d'une charte et d'un contenu fort et signifiant, un contenu que tous peuvent reconnaître dans leurs vies de tous les jours, un contenu qui fait sens. Ces bénévoles ne sont pas là pour faire du prosélytisme mais pour faire la démonstration que le bouddhisme Soka est à l'œuvre tous les jours, dans toutes les activités humaines, à tous les niveaux de la société et plus généralement forme le squelette, l'ossature de l'univers que nous percevons.
Philosophie(s)
Le projet culture-soka.fr a pour socle les trois valeurs Soka appliquées à une entreprise humaine. Aux trois B de beauté, bonté, bénéfice, nous substituons le bénévolat, la pédagogie et le développement personnel.
Le bénévolat est une garantie à double sens. Ceux qui participent à ce projet le font sur la base du volontariat individuel et du désintéressement financier. Le projet culture-soka.fr est avant tout un projet esthétique, à opposer à un projet lucratif. Il nécessite que chaque contributeur demeure connecté par son emploi, sa vie quotidienne, son action sociale à la société. Culture-soka.fr est le champ de réception de l'observation et à la réflexion de chaque contributeur sur le monde qui l'entoure. Les contributeurs nourrissent le projet qui n'existe pas sans leur contribution. A l'inverse, le projet est le vecteur de construction de la culture Soka de chaque contributeur.
La pédagogie est entendue au sens de passage du savoir. Les contributeurs ont pour mission d'apprendre des autres et de restituer ce qu'ils ont appris sous la forme de leurs contributions. Il ne s'agit pas de commenter, d'argumenter ou de paraphraser. Il s'agit de montrer, de critiquer, de rapporter, de faire connaître. Bien que bénévoles, les contributeurs appliqueront les principes de base du journalisme au sens où ils vérifieront leurs sources, croiseront les avis contradictoires et tenteront dans la mesure de leurs moyens de faire la lumière sur les sujets qui souhaitent faire connaître.
Le développement personnel sera le bénéfice premier de la contribution au projet. Ce développement passe par l'apprentissage nécessaire pour être contributeur. Il passe également par la construction d'une réflexion sur son domaine de prédilection, sur son environnement, sur son histoire, ses traditions, ses racines, ses croyances, etc. Enfin il passe par la construction individuelle nourrie par l'apprentissage et par l'édification intérieure. Le bénéfice secondaire est la construction d'un réseau humain de personnes de valeurs qui alimente et font vivre la culture Soka au travers du projet.
Articulation(s)
Les articulations du projet sont constituées d'un groupe de coordination centrale, autour duquel sont fédérés les moyens techniques de diffusion du contenu. Ce contenu est entièrement produit par des contributeurs issus du mouvement Soka qui sont à la jonction de la culture Soka et des complexités du monde.
Le groupe de coordination :
- gère les moyens d'hébergement, de production et de diffusion des contenus ;
- dispose d'une marge de manœuvre conséquente et responsable en matière éditoriale ;
- reçoit un mandat renouvelable de trois ans ;
- est placé sous la seule tutelle de la seule l'ACSF, indépendamment des autres associations et surtout du CEP pour des raisons évidentes d'indépendance d'esprit et d'objectivité.
La constitution du groupe de coordination ne peut pas suivre les paramètres habituels de la foi (nombre d'années de pratique, degré d'étude, position de responsabilité, filiation pratiquante) tels qu'ils sont appliqués.
Le groupe de coordination est constitué au départ de :
- 8-10 personnes,
- 50 % de membres de la jeunesse (- de 30 ans),
- d'une parité absolue H/F.
Evidemment, il est également important que chaque membre dispose d'une bonne culture générale et une connaissance des outils de recherche et de communication du web.
Pour les autres compétences nécessaires, il nous faut envisager une authentique formation. Nous ne manquons pas dans le mouvement de spécialistes de la vidéo, de la radio, de la presse écrite, et de l'édition. Il s'agira de faire ce que le président Toda a fait en son temps en formant la jeunesse dans les années 50.
Il s'agit de familiariser les membres du groupe de coordination aux techniques de production audiovisuelles contemporaines, aux moyens de diffusion et de communication dans l'espace public que propose le web, aux philosophies, aux politiques et aux dérives qui sous-tendent le web et à ses futurs développements.
Cette démarche implique que le groupe existe de manière durable. 6-12 mois seront nécessaires pour chercher, recruter et former les membres de ce groupe.
Autour du groupe central, nous allons recruter (dans le vrai sens du terme) au travers du tissu national et international (francophone) une quarantaine de contributeurs et contributrices.
Ces derniers doivent avoir un seul impératif incontournable : maîtriser au moins un média (écrit, sonore, visuel). Pour le reste, ils/elles doivent être familiers avec les techniques de base de l'Internet : courriel, recherches, forums, blog... Enfin, ils doivent avoir un usage régulier du web, si possible 2.0.
La mission des contributeurs est triple.
- Comprendre le monde qui les entoure sous l'angle individuel, l'angle collectif et l'angle universel.
- Examiner l'action des mécanismes du bouddhisme Soka et les conséquences possibles des trois valeurs (les trois B) dans ce monde.
- Produire un enregistrement écrit, sonore ou vidéo de l'observation du monde à la lumière de la philosophie Soka.
Une telle mission ne s'improvise pas. Un tel nombre ne se recrute pas en quelques semaines. Un tel ensemble de talents ne peut pas être figé dans le temps, dans le nombre ou dans les personnalités. Il s'agit donc d'un ensemble en constant renouvellement de contributeurs et de contenus.
Pour cette raison, il est nécessaire d'établir dès le début une charte complète qui couvre l'éditorial, les objectifs et le périmètre. Je parle ici d'un "code of conduct" plus que d'une direction éditoriale.
Mécanisme(s)
Les contributeurs écrivent, enregistrent et tournent aussi bien à leur initiative personnelle qu'à l'initiative du groupe de coordination. Ainsi, ils apportent autant de sujets qu'ils sont mandatés pour les traiter.
Les mécanismes sont simples :
- Les contributeurs proposent des sujets sous la forme d'un synopsis court, comportant le sujet, son domaine (économie, écologie, société, travail, famille, développement personnel, éthique, justice, etc.), le ou les principes en action.
- Le groupe de coordination examine les sujets proposés en réunion de rédaction hebdomadaire online (conférence sur Skype) et choisi les thèmes en fonction des critères de la charte (code of conduct) et des thématiques abordées sur culture-soka.fr (traitement de 6-8 nouveaux thèmes par an).
- Les contributeurs sont rassemblés selon les thématiques et le groupe organise des cellules de travail (un newsgroup par cellule, un FTP, un espace iconographique, un chargé de la coordination).
- Un membre du groupe de coordination est attribué à chaque cellule en tant que chargé de la coordination. Il/elle anime le newsgroup (blog), organise les contributions, accumule des liens et des références et cherche de l'iconographie.
- Le newsgroup échange sur le sujet, l'étoffe, le construit et fabrique les différents items qui constituent la réflexion Soka sur la thématique. Un système de vote et de notation permet de valider les items qui sont ensuite transférés sur culture-soka.fr pour publication après un examen final par l'ensemble du groupe de coordination.
- Le groupe de coordination est organisé et se comporte comme une direction éditoriale de presse écrite ou audiovisuelle. Elle commandite les actions techniques nécessaires à la bonne marche des cellules de travail. Les chargés de la coordiantion animent les échanges et stimulent la production de contenu.
- Les cellules de travail sont actives jusqu'à épuisement de la thématique. Les contributeurs ne sont pas attachés à une cellule de travail et peuvent contribuer à plusieurs cellules. Les chargés de recherche veillent à ce que les contributions soient conforme à la charte et à la mission initiale.
Soutien(s)
Ce projet n'a pas de sens sans sa vocation première : l'émergence de la culture-soka.
Celle-ci s'appuie essentiellement sur les principes de base du bouddhisme de Nichiren Daishonin. La prière collective, l'étude personnelle, les échanges de groupe restent le socle de cette activité d'envergure.
Le groupe de coordination se rencontre deux fois par mois pour une pratique suivie d'une étude liée aux thématiques en cours, elle-même suivie d'une réunion de discussion. La préparation de ces réunions se fait individuellement après établissement du sujet d'étude et de discussion. A chaque réunion sont conviés des responsables nationaux des 4 départements (un pour chaque département). Les réunions bimensuelles sont animées par les responsables de l'ACSF.
Cette rencontre bimensuelle n'est pas une réunion de discussion à proprement parlé mais une authentique réunion d'étude et d'échanges ayant pour objectif la formation des membres du groupe de coordination. Elle n'est pas non plus une réunion de transmission. Et elle n'est pas une réunion éditoriale. Ces dernières n'ont lieu qu'en ligne et de manière formelle une fois tous les trois mois pour proposer de nouvelles thématiques et faire un point général avec les responsables de l'ACSF.
Les membres du groupe de coordination ne doivent pas avoir de responsabilités régionales autres qu'au sein de leur groupe de discussion. La disponibilité et la charge de travail qu'impose une telle activité explique cette démarche.
Les membres du groupe de coordination s'engagent pour un terme de 3 ans, renouvelable une seule fois. A l'issue, ils ou elles peuvent devenir contributeurs et poursuivre leur concours à culture-soka.fr.
Les contributeurs n'ont aucune limite dans le temps et dans leur responsabilité à leur participation à l'activité culture-soka.fr.
Défaite attendue pour le gouvernement japonais
Comme le prévoyaient déjà nombre d'analystes, le scrutin du 12 juillet dernier pour l'élection de l'assemblée métropolitaine de Tokyo a été sanctionner par une défaite sévère pour le PLD (au pouvoir depuis un demi-siècle) et pour son allié, le Nouveau Komeito qui ne progresse pratiquement pas et fait les frais de son alliance. Le DPJ (Democratic Party of Japan) est le grand gagnant de cette consultation test avant les élections législatives programmées pour cet automne.
Je reviendrai sur les chiffres des différentes factions dans un autre billet dès que les résultats officiels seront publiés. Mais dès à présent, on peut observer que le DPJ gagne 20 sièges, le PLD en perd 10 et le Nouveau Komeito en gagne 1. Les 15 sièges restants reviennent à plusieurs formations périphériques ou indépendantes. Cependant avec seulement 54 sièges sur les 127 que compte l'assemblée métropolitaine, le DPJ n'obtient pas l'a majorité absolue.
Ce scrutin a une portée double : celle de préfigurer la prochaine consultation électorale japonaise de la chambre basse de la Diète et celle de dresser une nouvelle carte politique. Pour le PLD, le résultat est un net recul tant aux yeux des électeurs qu'au sein des petites formations politiques. La victoire régionale du DPJ se fait aussi bien au détriment du PLD qu'à celui, plus douloureux, de l'habituelle mosaïque d'indépendants et de sensibilités minoritaires. Pour le Nouveau Komeito, le poids de l'alliance politique avec le pouvoir en place est déterminant et freine toute possibilité de progression, l'électorat japonais non-acquis percevant le Nouveau Komeito comme une branche du PLD. Pour le DPJ, la victoire réside plus dans sa capacité à réduire la dispersion et l'émiettement de l'électorat et de mobiliser les indécis autour d'un programme d'alternance politique.
Au lendemain de cette élection, force est de constater que l'appel à l'alternance a été entendu et qu'il profite pleinement au DPJ qui apparaît désormais comme la seule force d'opposition nationale. L'électorat japonais n'en peut plus d'un demi-siècle de règne du PLD. Pour le PLD, l'heure a sonnée de faire peau neuve et de renouveler son appareil politique au risque de déplaire aux ténors, de subir un revers électoral aux prochaines élections et de changer de culture politique (c'est-à-dire sortir de l'interminable succession de scandales politico-financiers). Pour le Nouveau Komeito, qui aurait tort de se réjouir d'avoir gagné un siège, l'heure est aussi au bilan.
Entièrement articulé sur la base électorale de la Soka Gakkai (mouvement bouddhiste laïque), le Nouveau Komeito a su faire la démonstration dans la crise politique que traverse le Japon qu'il pouvait et savait maintenir un électorat mobilisé et soudé. En revanche, il fait également la preuve de ses limites, car en temps de crise, l'absence de progression marque le recul. En termes bouddhiques, c'est une stagnation. C'est là, le prochain défi du Nouveau Komeito et plus généralement de la Soka Gakkai au sein de la société japonaise. La question qui se pose désormais pour les deux formations, c'est la portée réelle et effective du message bouddhique de l'organisation religieuse.
La prochaine élection, qui pourrait être avancée en cas de démission de Taro Aso ou de dissolution de la chambre basse, sera donc le théâtre des multiples transformations de la société japonaise.
Je reviendrai sur les chiffres des différentes factions dans un autre billet dès que les résultats officiels seront publiés. Mais dès à présent, on peut observer que le DPJ gagne 20 sièges, le PLD en perd 10 et le Nouveau Komeito en gagne 1. Les 15 sièges restants reviennent à plusieurs formations périphériques ou indépendantes. Cependant avec seulement 54 sièges sur les 127 que compte l'assemblée métropolitaine, le DPJ n'obtient pas l'a majorité absolue.
Ce scrutin a une portée double : celle de préfigurer la prochaine consultation électorale japonaise de la chambre basse de la Diète et celle de dresser une nouvelle carte politique. Pour le PLD, le résultat est un net recul tant aux yeux des électeurs qu'au sein des petites formations politiques. La victoire régionale du DPJ se fait aussi bien au détriment du PLD qu'à celui, plus douloureux, de l'habituelle mosaïque d'indépendants et de sensibilités minoritaires. Pour le Nouveau Komeito, le poids de l'alliance politique avec le pouvoir en place est déterminant et freine toute possibilité de progression, l'électorat japonais non-acquis percevant le Nouveau Komeito comme une branche du PLD. Pour le DPJ, la victoire réside plus dans sa capacité à réduire la dispersion et l'émiettement de l'électorat et de mobiliser les indécis autour d'un programme d'alternance politique.
Au lendemain de cette élection, force est de constater que l'appel à l'alternance a été entendu et qu'il profite pleinement au DPJ qui apparaît désormais comme la seule force d'opposition nationale. L'électorat japonais n'en peut plus d'un demi-siècle de règne du PLD. Pour le PLD, l'heure a sonnée de faire peau neuve et de renouveler son appareil politique au risque de déplaire aux ténors, de subir un revers électoral aux prochaines élections et de changer de culture politique (c'est-à-dire sortir de l'interminable succession de scandales politico-financiers). Pour le Nouveau Komeito, qui aurait tort de se réjouir d'avoir gagné un siège, l'heure est aussi au bilan.
Entièrement articulé sur la base électorale de la Soka Gakkai (mouvement bouddhiste laïque), le Nouveau Komeito a su faire la démonstration dans la crise politique que traverse le Japon qu'il pouvait et savait maintenir un électorat mobilisé et soudé. En revanche, il fait également la preuve de ses limites, car en temps de crise, l'absence de progression marque le recul. En termes bouddhiques, c'est une stagnation. C'est là, le prochain défi du Nouveau Komeito et plus généralement de la Soka Gakkai au sein de la société japonaise. La question qui se pose désormais pour les deux formations, c'est la portée réelle et effective du message bouddhique de l'organisation religieuse.
La prochaine élection, qui pourrait être avancée en cas de démission de Taro Aso ou de dissolution de la chambre basse, sera donc le théâtre des multiples transformations de la société japonaise.
Sondage défavorable pour la coalition gouvernementale japonaise
C'est l'agence indépendante Kyodo News qui a conduit une enquête téléphonique sur plus de 1000 personnes de la région de Tokyo. Les résultats ont été publiés entre autres par le Japan Times. Cette fois, ce que pressentaient de nombreux analystes s'avère fondé. 30,8% des sondés se sont prononcés en faveur du principal parti d'opposition le DPJ (Democratic Party of Japan), alors que seulement 18,2% se prononcent en faveur du PLD au pouvoir, et 4,6% pour le Nouveau Komeito, son allié de coalition.
La même enquête indique un taux d'intérêt pour ce scrutin très élevé, plus de 80%, soit 14% de plus qu'à la dernière élection. Les sondés se sont également sur les élections de la chambre basse de la Diète qui auront lieu à l'automne. 35,7% d'entre eux se sont prononcés pour le DPJ, contre 22,2% pour le PLD. Le Nouveau Komeito ne serait crédité que de 5,3% derrière le Parti Communiste du Japon qui récolterait 7,1% des intentions de vote. Ce dernier deviendrait la troisième force politique du Japon.
Ces chiffres, assez décevants pour la coalition au pouvoir, sont à prendre avec précaution car ils révèlent qu'environ 30% de la population sondée demeure incertaine quant à ses intentions de vote tant pour l'élection régionale de la Capitale que pour le scrutin de l'automne. C'est cette minorité silencieuse mais déterminante que toutes les formations politiques vont devoir convaincre de se rendre aux urnes.
Sondés sur leurs motivations, les participants ont désigné à 50,3% l'emploi et les politiques économiques. Ensuite viennent à plus de 37% les politiques publiques en matière de sécurité sociale et de santé, puis à plus de 20% la question des retraites. L'alternance politique n'arrive qu'à 17% des motivations du vote. Bien que interrogés sur leur satisfaction du gouvernement de Taro Aso, seulement 19,3% se sont déclarés satisfaits, contre 75,1% d'insatisfaits...
Ce week-end sera décisif, comme je le disais précédemment, pour la coalition gouvernementale et pour le Nouveau Komeito. Une sévère défaite serait de fort mauvaise augure pour les élections de la chambre basse et mettrait en péril un gouvernement déjà fortement affaiblit.
La même enquête indique un taux d'intérêt pour ce scrutin très élevé, plus de 80%, soit 14% de plus qu'à la dernière élection. Les sondés se sont également sur les élections de la chambre basse de la Diète qui auront lieu à l'automne. 35,7% d'entre eux se sont prononcés pour le DPJ, contre 22,2% pour le PLD. Le Nouveau Komeito ne serait crédité que de 5,3% derrière le Parti Communiste du Japon qui récolterait 7,1% des intentions de vote. Ce dernier deviendrait la troisième force politique du Japon.
Ces chiffres, assez décevants pour la coalition au pouvoir, sont à prendre avec précaution car ils révèlent qu'environ 30% de la population sondée demeure incertaine quant à ses intentions de vote tant pour l'élection régionale de la Capitale que pour le scrutin de l'automne. C'est cette minorité silencieuse mais déterminante que toutes les formations politiques vont devoir convaincre de se rendre aux urnes.
Sondés sur leurs motivations, les participants ont désigné à 50,3% l'emploi et les politiques économiques. Ensuite viennent à plus de 37% les politiques publiques en matière de sécurité sociale et de santé, puis à plus de 20% la question des retraites. L'alternance politique n'arrive qu'à 17% des motivations du vote. Bien que interrogés sur leur satisfaction du gouvernement de Taro Aso, seulement 19,3% se sont déclarés satisfaits, contre 75,1% d'insatisfaits...
Ce week-end sera décisif, comme je le disais précédemment, pour la coalition gouvernementale et pour le Nouveau Komeito. Une sévère défaite serait de fort mauvaise augure pour les élections de la chambre basse et mettrait en péril un gouvernement déjà fortement affaiblit.
De bonne guerre électorale...
...ou comment la coalition au pouvoir use du scandale comme arme électorale
On peut dire que la campagne électorale démarre au Japon. La coalition au pouvoir, menée par le PLD et soutenue par la troisième force du pays, le Nouveau Komeito, vient de marquer des points en levant le voile sur toute une série de faux rapports financiers du DPJ (principal parti d'opposition) concernant des donations de 2002 à 2004. Ce nouveau scandale vient finir de pourrir le paysage politique japonais déjà saturé de fraudes, de corruptions et d'affaires en tous genre depuis le début de l'année.
Il n'y a nul doute sur la volonté du PLD et du Nouveau Komeito de vouloir affaiblir le plus possible leurs adversaires alors que chaque camp annonce ses investitures aux quatre coins du pays. Nul doute aussi que tous les coups sont permis, les uns pour des raisons historiques (PLD) les autres pour des raisons morales (Nouveau Komeito) à quelques mois d'un scrutin sur lequel pèse la pression d'une éventuelle alternance, du jamais vu en matière de politique intérieure japonaise.
Dans ce contexte, la population peut se poser la question légitime de ce qui différencient les nombreux programmes politiques et surtout les méthodes de conquête du pouvoir. Cette question est d'autant plus actuelle pour le Nouveau Komeito qui est ouvertement et publiquement soutenu par la Soka Gakkai, le mouvement religieux japonais le plus influent du pays par ces millions de fidèles. Car en dépit d'une orientation politique clairement définie par la traditionnelle allocution du 26 Janvier, émise par le président de la SGI, Daisaku Ikeda et par un programme politique pour le moins progressiste et libéral proposé dans le dernier manifeste du Nouveau Komeito, on ne peut que constater les similarités d'opinion et de fonctionnement entre le PLD et son allié.
Ce dernier est-il encore une force politique indépendante ? C'est ce que les prochaines élections sanctionneront... et non les actions institutionnelles et législatives du parti. S'il est vrai que le monde politique japonais s'avère un modèle de népotisme et de collusion clientelliste, on s'attendrait à une attitude neuve et innovante de la part du Nouveau Komeito qui ne cache pas son socle moral et éthique. La réalité dément les faits. Et le Nouveau Komeito se trouve systématiquement associé aux manœuvres des vétérans politiciennes du PLD.
En prélude aux législatives de la rentrée qui donneront ou pas un nouveau visage à la chambre basse de la Diète, les japonais de l'immense métropole de Tokyo iront aux urnes le 12 Juillet pour élire leurs représentants à l'assemblée régionale de la capitale. L'opposition met toutes ses forces en action afin d'obtenir la défaite du PLD et de son allié. Un revers majeur pourrait mettre en difficulté l'actuel gouvernement et Taro Aso serait peut-être forcé à un départ anticipé.
Le Nouveau Komeito, lui aussi, déploie ses troupes et mène la bataille électorale dans les quartiers de Tokyo où il souhaite être représenté. Ses dirigeants n'ignorent pas qu'une défaite pour le PLD mettrait en danger le parti et pourrait lui être fatal en termes de représentation à l'assemblée régionale et augurer un net recul aux prochaines élections. C'est ce que nous verrons dans quelques jours.
On peut dire que la campagne électorale démarre au Japon. La coalition au pouvoir, menée par le PLD et soutenue par la troisième force du pays, le Nouveau Komeito, vient de marquer des points en levant le voile sur toute une série de faux rapports financiers du DPJ (principal parti d'opposition) concernant des donations de 2002 à 2004. Ce nouveau scandale vient finir de pourrir le paysage politique japonais déjà saturé de fraudes, de corruptions et d'affaires en tous genre depuis le début de l'année.
Il n'y a nul doute sur la volonté du PLD et du Nouveau Komeito de vouloir affaiblir le plus possible leurs adversaires alors que chaque camp annonce ses investitures aux quatre coins du pays. Nul doute aussi que tous les coups sont permis, les uns pour des raisons historiques (PLD) les autres pour des raisons morales (Nouveau Komeito) à quelques mois d'un scrutin sur lequel pèse la pression d'une éventuelle alternance, du jamais vu en matière de politique intérieure japonaise.
Dans ce contexte, la population peut se poser la question légitime de ce qui différencient les nombreux programmes politiques et surtout les méthodes de conquête du pouvoir. Cette question est d'autant plus actuelle pour le Nouveau Komeito qui est ouvertement et publiquement soutenu par la Soka Gakkai, le mouvement religieux japonais le plus influent du pays par ces millions de fidèles. Car en dépit d'une orientation politique clairement définie par la traditionnelle allocution du 26 Janvier, émise par le président de la SGI, Daisaku Ikeda et par un programme politique pour le moins progressiste et libéral proposé dans le dernier manifeste du Nouveau Komeito, on ne peut que constater les similarités d'opinion et de fonctionnement entre le PLD et son allié.
Ce dernier est-il encore une force politique indépendante ? C'est ce que les prochaines élections sanctionneront... et non les actions institutionnelles et législatives du parti. S'il est vrai que le monde politique japonais s'avère un modèle de népotisme et de collusion clientelliste, on s'attendrait à une attitude neuve et innovante de la part du Nouveau Komeito qui ne cache pas son socle moral et éthique. La réalité dément les faits. Et le Nouveau Komeito se trouve systématiquement associé aux manœuvres des vétérans politiciennes du PLD.
En prélude aux législatives de la rentrée qui donneront ou pas un nouveau visage à la chambre basse de la Diète, les japonais de l'immense métropole de Tokyo iront aux urnes le 12 Juillet pour élire leurs représentants à l'assemblée régionale de la capitale. L'opposition met toutes ses forces en action afin d'obtenir la défaite du PLD et de son allié. Un revers majeur pourrait mettre en difficulté l'actuel gouvernement et Taro Aso serait peut-être forcé à un départ anticipé.
Le Nouveau Komeito, lui aussi, déploie ses troupes et mène la bataille électorale dans les quartiers de Tokyo où il souhaite être représenté. Ses dirigeants n'ignorent pas qu'une défaite pour le PLD mettrait en danger le parti et pourrait lui être fatal en termes de représentation à l'assemblée régionale et augurer un net recul aux prochaines élections. C'est ce que nous verrons dans quelques jours.
Test électoral pour la majorité gouvernementale au Japon
A l'approche de la consultation électorale du 12 juillet prochain qui verra l'élection des 127 membres de l'assemblée métropolitaine de Tokyo, le monde politique japonais tente de résister à la tentation d'en faire un scrutin test pour une éventuelle alternance politique. C'est du moins ce que tentent de réaliser l'opposition menée par le Parti Démocrate Japonais (DPJ). Car prendre le contrôle de l'assemblée métropolitaine de Tokyo c'est aussi affirmer que l'actuel cabinet de Taro Aso a fait son temps.
Au sein de la majorité actuelle, composée du Parti Libéral Démocrate et du Nouveau Komeito, cette stratégie politicienne semble porter ses fruits au point de voir fleurir les rumeurs de dissolution de la chambre basse japonaise afin de contrecarrer la campagne menée par le DPJ. Le Nouveau Komeito a clairement fait savoir que ces tactiques de dernières minutes seraient non seulement infructueuses mais pourraient bien s'avérer désastreuses pour le PLD et pour le Nouveau Komeito. Il vaut mieux, selon les cadres du Nouveau Komeito, mener une campagne en règle jusqu'à la date attendue des élections de la chambre basse à la fin du mois d'Août.
Le vice-gouverneur de la métropole de Tokyo, Yasushi Aoyama, est également monté aux créneaux afin de rappeler que l'élection de l'assemblée métropolitaine n'était pas une arène politique pour départager les tendances opposées au niveau national. Elle demeurait un scrutin local permettant aux citoyens de Tokyo de départager les élus qui auraient à cœur de défendre leurs droits et leurs intérêts et non des stratégies de prises de pouvoir.
Les remous politiciens qui secouent la classe dirigeante japonaise ne sont pas nouveaux. Après des scandales répétés et des coups de théâtre qui ont fait la une des quotidiens, la politique japonaise s'avère de plus en plus fragilisée par un contexte de crise économique et par des changements sociaux importants auxquels les politiciens japonais n'ont pas de réponses et encore moins de projets. Les petites formations politiques alternatives comme le Nouveau Komeito et d'autres, qui vivaient à l'ombre des grands arbres que sont les partis traditionnels comme le PLD et le DPJ, devront apprendre dans les années, pour ne pas dire les mois, à s'extirper du marasme politique ambiant et communiquer efficacement sur des projets d'avenir dans un pays qui a démontré depuis la Deuxième Guerre mondiale, sa capacité à relever les défis les plus difficiles. Mais faute de projet, il est tout à fait possible de voir le Japon sombrer lentement dans une récession dangereuse et propice à toutes les formes de radicalisations.
Au sein de la majorité actuelle, composée du Parti Libéral Démocrate et du Nouveau Komeito, cette stratégie politicienne semble porter ses fruits au point de voir fleurir les rumeurs de dissolution de la chambre basse japonaise afin de contrecarrer la campagne menée par le DPJ. Le Nouveau Komeito a clairement fait savoir que ces tactiques de dernières minutes seraient non seulement infructueuses mais pourraient bien s'avérer désastreuses pour le PLD et pour le Nouveau Komeito. Il vaut mieux, selon les cadres du Nouveau Komeito, mener une campagne en règle jusqu'à la date attendue des élections de la chambre basse à la fin du mois d'Août.
Le vice-gouverneur de la métropole de Tokyo, Yasushi Aoyama, est également monté aux créneaux afin de rappeler que l'élection de l'assemblée métropolitaine n'était pas une arène politique pour départager les tendances opposées au niveau national. Elle demeurait un scrutin local permettant aux citoyens de Tokyo de départager les élus qui auraient à cœur de défendre leurs droits et leurs intérêts et non des stratégies de prises de pouvoir.
Les remous politiciens qui secouent la classe dirigeante japonaise ne sont pas nouveaux. Après des scandales répétés et des coups de théâtre qui ont fait la une des quotidiens, la politique japonaise s'avère de plus en plus fragilisée par un contexte de crise économique et par des changements sociaux importants auxquels les politiciens japonais n'ont pas de réponses et encore moins de projets. Les petites formations politiques alternatives comme le Nouveau Komeito et d'autres, qui vivaient à l'ombre des grands arbres que sont les partis traditionnels comme le PLD et le DPJ, devront apprendre dans les années, pour ne pas dire les mois, à s'extirper du marasme politique ambiant et communiquer efficacement sur des projets d'avenir dans un pays qui a démontré depuis la Deuxième Guerre mondiale, sa capacité à relever les défis les plus difficiles. Mais faute de projet, il est tout à fait possible de voir le Japon sombrer lentement dans une récession dangereuse et propice à toutes les formes de radicalisations.

