Ces dernières semaines, l'actualité politique japonaise ne cesse de faire la démonstration de la lassitude du public pour une politique terne, inconsistante, manquant tant d'une envergure nationale que d'une stratégie de positionnement au plan international. Malgré la fracassante démission de la figure centrale de l'opposition japonaise, Ichiro Ozawa, la côte de popularité de l'actuel cabinet de Taro Aso continue de baisser comme le montre un récent sondage effectué par le quotidien Mainichi.
Localement, les effets de cette érosion se sont fait sentir lors d'une élection municipale anticipée dans la ville de Chiba, bastion du PLD. Cette dernière a vu la victoire incontestable d'un outsider de 31 ans, Toshihito Kumagai, un fait rare dans un pays que l'on sait très conservateur, soutenu pas le DPJ de Yukio Hatoyama. Son adversaire, Kojiro Hayashi, âgé de 63 ans et très soutenu par le PLD et son allié de coalition le Nouveau Komeito.
Cette victoire de l'opposition pourrait bien être l'annonce d'une défaite cuisante lors des prochaines élections de la Chambre des Représentants. Non seulement, le jeune Kumagai a battu un vétéran du monde politique local, mais il a emporté une écrasante majorité des électeurs non-affiliés aux partis politiques en place dans le paysage institutionnel japonais. En dépit d'une certaine inertie et d'habitudes traditionnelles, l'électorat japonais commence à prendre ses distances avec l'état des choses et à rechercher l'alternative.
Cette recherche survient dans un contexte de crise économique, d'apathie industrielle, d'une concurrence rude et guerrière dans la sphère asiatique et surtout dans un climat intérieur particulièrement mauvais. Avec une réelle récession, un chômage en hausse historique, une véritable incertitude des ménages sur leur avenir immédiat et sur celui de leurs enfants, le Japon connaît une crise majeure tant sociale que économique. A cela s'ajoute une panique politique contenue de la par de la classe politique dirigeante qui s'avère incapable de tenir un discours de changement ou une stratégie nouvelle face aux bouleversements mondiaux.
La victoire d'un jeune outsider de moins de quarante ans est également un revers pour le petit mais puissant allié politique du PLD, le Nouveau Komeito. Fortement implanté sur le terrain au travers du réseau créé par la Soka Gakkai au Japon, le Nouveau Komeito dispose bien souvent d'une capacité de mobilisation locale qui permet de faire la différence et d'arbitrer en faveur de son allié, le PLD, les scrutins et les stratégies électorales. Perçu à la fois comme le bras politique (bien que institutionnellement indépendant) de la Soka Gakkai, mouvement bouddhiste populaire et laïque, et comme une force de changement au sein de la coalition, le Nouveau Komeito commence à souffrir sérieusement de l'usure du pouvoir du PLD.
La victoire d'un jeune homme à ces élections municipales, au cœur d'une zone de densité importante de population et surtout dans l'une des région les plus industrielle et active du pays, apparaît comme un revirement de l'opinion publique japonaise qui pouvait voir dans le programme du Nouveau Komeito une émanation de la philosophie humaniste de la Soka Gakkai (en dépit de toutes les controverses qu'elle suscite).
L'électorat japonais est peut-être au point de rupture avec les traditions et en demande d'une alternance réelle, concrète, qui pourrait venir de ceux qui n'ont jamais vraiment eu le pouvoir de gouverner jusqu'à maintenant. Et bien qu'il ne s'agisse là que d'une élection locale, comme ne cessent de le marteler les commentateurs du PLD, la victoire du candidat du DPJ pourrait bien annoncer sinon une fin de règne, au moins un solide retournement de situation dans le panorama politique complexe et souvent corrompu du Japon. Reste à savoir si les élus du DPJ en septembre prochain, seront capables de se montrer plus inventifs et surtout plus enclins aux changements qui s'imposent pour redonner au pays la dynamique conquérante qui lui avait permis dans les années 50 et 60 de métamorphoser une machine de guerre anéantie en une machine économique et industrielle de premier plan.
La Miviludes contre-attaque
Malgré la discrétion des moyens mis en œuvre et le black-out complet des journaux sur les résultats effectifs et réels de son action, la Mission Interministérielle de VIgilance et de LUtte contre les DErives Sectaires reprend du service sous la nouvelle direction de Georges Fenech. Pourtant ce dernier est attaqué de toutes parts, tant par ses adversaires politiques dans son implication dans le scandale de ventes d'armes françaises en Angola (a.k.a. Angolagate), que par ses adversaires de la profession de par ses propos antisémites à l'encontre du magistrat Albert Levy, enfin par ses adversaires des milieux anti-sectes qui ne l'épargne pas en pointant le fait que la Miviludes est très exposée au puissant lobbying des poids lourds français des NMR (Nouveaux mouvements religieux) : Eglise de la Scientologie et Témoins de Jéhova.
Usant de tous les leviers institutionnels possibles et d'un réseau d'influence étendu au sein des institutions républicaines, le président de la Miviludes mène une campagne rigoureuse à l'encontre de toutes les alternatives aux professions réglementées et aux fonctions traditionnelles de la république. Ainsi le ministère de la Santé a mis sur pied une cellule spéciale de surveillance des psychothérapeutes et assimilés (Europe1), arguant que plus d'un tiers des professionnels inscrits seraient issus de mouvements sectaires ou reconnus comme tel par les divers rapports remis au gouvernement depuis les quinze dernières années. Dans la même interview, le président de la Miviludes s'est félicité de l'action de traque menée par le Ministère du Travail auprès des associations concernées pour éradiquer le travail forcé et non-rémunéré. Enfin, il a souhaité que le Ministère de l'Education mette en place un dispositif de surveillance pour les scolarisations à domicile des familles.
Si l'ensemble des mesures prises et évoquées par Georges Fenech ne posent pas de problème en soi et suivent des mesures conformes au dispositif législatif en vigueur dans notre pays, il soulève néanmoins un problème de taille. En effet ces mesures de surveillance et éventuellement de redressement ou de répression ne s'appliquent qu'aux associations cultuelles et à vocation cultuelles, ainsi qu'aux adhérents, pratiquants et sympathisants de ces nouveaux mouvements religieux. Chaque citoyen, quelles que soient ses convictions religieuses, est soumis à un ensemble de lois et de règles institutionnelles. Ces dernières sont prévues par des textes législatifs et mises en œuvres par les pouvoirs publics. Aucune des contraventions relevées par le président de la Miviludes ne sort du cadre législatif prévu par la loi et l'on ne voit pas bien quelle est la spécificité des NMR ou des associations cultuelles françaises qui nécessiteraient une action administrative et juridique d'exception. C'est donc là où le bas blesse.
Faute de pouvoir démontrer la spécificité des dérives sectaires : lavage de cerveau, endoctrinement, fanatisme religieux, etc. car ce n'est en aucun cas la spécificité des nouveaux mouvements religieux, la Miviludes en est réduite à devenir une instance en surplomb de la République chargée de mater l'alternative religieuse au nom de la sacro-sainte laïcité à la Française. Elle doit pour cela doubler les dispositifs juridiques en vigueur de ses propres enquêtes, comités de surveillance, instances de veille et autres cellules d'exception à l'intention de tout ce qu'elle jugera comme dérive sectaire ou mouvement à caractère sectaire. Et comme ces deux caractéristiques sont on ne peut plus subjectives et relatives à la perception de chacun, la Miviludes est libre d'enquêter à l'avenant.
La position inconfortable et peu républicaine de la Miviludes pose de multiples problèmes. Mais elle reste sans pouvoir réel, sinon celui de nuisance dans l'espace public. En effet, son action réelle se limite à produire une littérature insipide et indigeste sur des mouvements aussi marginaux qu'inconnus du grand public. Cette littérature est destinée, en même temps que des séminaires ponctuels, aux fonctionnaires et aux élus locaux. En l'absence d'une identification claire de ce qu'est ou non une secte, les intéressés se retrouvent devant une information pauvre, nébuleuse et entièrement articulée sur le soupçon et le risque potentiel. La réaction générale est donc la méfiance envers toute forme de croyance, quelle qu'elle soit.
Finalement, on peut se demander si la Miviludes n'a pas pour fonction première de semer le doute dans l'esprit des élus locaux et des fonctionnaires de l'Etat afin d'entretenir un climat de suspicion dès lors que les termes religion, foi, croyance, rite émergent dans l'espace public. Au travers de ces récentes interventions, le président de la Miviludes ne fait qu'amplifier ce sentiment et de l'étendre à toutes les formes d'alternatives en matière de médecine, de psychothérapies, d'éducation et plus généralement de croyances. Cet effort d'uniformisation sociale suit-elle une stratégie plus large de mise en coupe réglée des citoyens dans un pays qui continue d'afficher sur les frontons de ses mairies : liberté, égalité, fraternité ? C'est une question qui reste en suspens et que les médias, à gauche comme à droite, refusent de poser de manière claire à ceux et à celles qui dirigent la France...
Usant de tous les leviers institutionnels possibles et d'un réseau d'influence étendu au sein des institutions républicaines, le président de la Miviludes mène une campagne rigoureuse à l'encontre de toutes les alternatives aux professions réglementées et aux fonctions traditionnelles de la république. Ainsi le ministère de la Santé a mis sur pied une cellule spéciale de surveillance des psychothérapeutes et assimilés (Europe1), arguant que plus d'un tiers des professionnels inscrits seraient issus de mouvements sectaires ou reconnus comme tel par les divers rapports remis au gouvernement depuis les quinze dernières années. Dans la même interview, le président de la Miviludes s'est félicité de l'action de traque menée par le Ministère du Travail auprès des associations concernées pour éradiquer le travail forcé et non-rémunéré. Enfin, il a souhaité que le Ministère de l'Education mette en place un dispositif de surveillance pour les scolarisations à domicile des familles.
Si l'ensemble des mesures prises et évoquées par Georges Fenech ne posent pas de problème en soi et suivent des mesures conformes au dispositif législatif en vigueur dans notre pays, il soulève néanmoins un problème de taille. En effet ces mesures de surveillance et éventuellement de redressement ou de répression ne s'appliquent qu'aux associations cultuelles et à vocation cultuelles, ainsi qu'aux adhérents, pratiquants et sympathisants de ces nouveaux mouvements religieux. Chaque citoyen, quelles que soient ses convictions religieuses, est soumis à un ensemble de lois et de règles institutionnelles. Ces dernières sont prévues par des textes législatifs et mises en œuvres par les pouvoirs publics. Aucune des contraventions relevées par le président de la Miviludes ne sort du cadre législatif prévu par la loi et l'on ne voit pas bien quelle est la spécificité des NMR ou des associations cultuelles françaises qui nécessiteraient une action administrative et juridique d'exception. C'est donc là où le bas blesse.
Faute de pouvoir démontrer la spécificité des dérives sectaires : lavage de cerveau, endoctrinement, fanatisme religieux, etc. car ce n'est en aucun cas la spécificité des nouveaux mouvements religieux, la Miviludes en est réduite à devenir une instance en surplomb de la République chargée de mater l'alternative religieuse au nom de la sacro-sainte laïcité à la Française. Elle doit pour cela doubler les dispositifs juridiques en vigueur de ses propres enquêtes, comités de surveillance, instances de veille et autres cellules d'exception à l'intention de tout ce qu'elle jugera comme dérive sectaire ou mouvement à caractère sectaire. Et comme ces deux caractéristiques sont on ne peut plus subjectives et relatives à la perception de chacun, la Miviludes est libre d'enquêter à l'avenant.
La position inconfortable et peu républicaine de la Miviludes pose de multiples problèmes. Mais elle reste sans pouvoir réel, sinon celui de nuisance dans l'espace public. En effet, son action réelle se limite à produire une littérature insipide et indigeste sur des mouvements aussi marginaux qu'inconnus du grand public. Cette littérature est destinée, en même temps que des séminaires ponctuels, aux fonctionnaires et aux élus locaux. En l'absence d'une identification claire de ce qu'est ou non une secte, les intéressés se retrouvent devant une information pauvre, nébuleuse et entièrement articulée sur le soupçon et le risque potentiel. La réaction générale est donc la méfiance envers toute forme de croyance, quelle qu'elle soit.
Finalement, on peut se demander si la Miviludes n'a pas pour fonction première de semer le doute dans l'esprit des élus locaux et des fonctionnaires de l'Etat afin d'entretenir un climat de suspicion dès lors que les termes religion, foi, croyance, rite émergent dans l'espace public. Au travers de ces récentes interventions, le président de la Miviludes ne fait qu'amplifier ce sentiment et de l'étendre à toutes les formes d'alternatives en matière de médecine, de psychothérapies, d'éducation et plus généralement de croyances. Cet effort d'uniformisation sociale suit-elle une stratégie plus large de mise en coupe réglée des citoyens dans un pays qui continue d'afficher sur les frontons de ses mairies : liberté, égalité, fraternité ? C'est une question qui reste en suspens et que les médias, à gauche comme à droite, refusent de poser de manière claire à ceux et à celles qui dirigent la France...
Des actions contre la crise économique au Japon
Mercredi dernier, la coalition au pouvoir composée du PLD (Parti Libéral Démocrate du Japon) et du Nouveau Komeito (soutenu par la Soka Gakkai) a réussit à faire passer son initiative d'augmentation budgétaire pour 2009. L'opposition, malgré ses déboires financiers, s'est montrée hostile à cet augmentation arguant qu'elle manquait d'examens et de délibérations. Mais ne disposant pas de possibilité de blocage à la chambre basse de la Diète (La chambre des Représentants), le DPJ et ses alliés ont dû se résoudre à voir passer les lois budgétaires.
Quel est l'objectif de la coalition au pouvoir et du gouvernement de Taro Aso dans cette augmentation ?
Il s'agit d'une stratégie d'endiguement de la crise économique à laquelle est confrontée le Japon et le monde en général. Cette augmentation budgétaire permettra de d'octroyer une baisse substantielle des prélèvements sur les revenus les plus faibles de la population. Cette manœuvre budgétaire laisse espérer un regain de la consommation par un coup de pouce au pouvoir d'achat des catégories les moins favorisées. Mais cela reste une manœuvre, un simple colmatage. C'est du moins ce que laisse entendre l'opposition.
Les répercussions immédiates de cette initiative gouvernementale sera également de redorer l'image et les cotes de popularité du cabinet Aso et des candidats du PLD et du Nouveau Komeito aux prochaines élections qui ont lieu à travers le Japon cette année et à des niveaux territoriaux divers.
Il est clair que le gouvernement ne pourra pas rester sur cette seule initiative pour sortir le Japon d'une situation inédite, celle d'une double crise économique et sociale (Je ferais à ce titre un autre article prochainement sur le sujet).
Quel est l'objectif de la coalition au pouvoir et du gouvernement de Taro Aso dans cette augmentation ?
Il s'agit d'une stratégie d'endiguement de la crise économique à laquelle est confrontée le Japon et le monde en général. Cette augmentation budgétaire permettra de d'octroyer une baisse substantielle des prélèvements sur les revenus les plus faibles de la population. Cette manœuvre budgétaire laisse espérer un regain de la consommation par un coup de pouce au pouvoir d'achat des catégories les moins favorisées. Mais cela reste une manœuvre, un simple colmatage. C'est du moins ce que laisse entendre l'opposition.
Les répercussions immédiates de cette initiative gouvernementale sera également de redorer l'image et les cotes de popularité du cabinet Aso et des candidats du PLD et du Nouveau Komeito aux prochaines élections qui ont lieu à travers le Japon cette année et à des niveaux territoriaux divers.
Il est clair que le gouvernement ne pourra pas rester sur cette seule initiative pour sortir le Japon d'une situation inédite, celle d'une double crise économique et sociale (Je ferais à ce titre un autre article prochainement sur le sujet).
Second souffle pour la coalition PLD-Nouveau Komeito
Ces dernières semaines ont été le théâtre de rebondissements dans la vie politique japonaise. Alors que la coalition au pouvoir constituée de l'indétrônable Parti Libéral Démocrate et du petit mais dynamique Parti du Nouveau Komeito connaissait des jours sombres et une chute remarquable dans tous les sondages, la découverte d'un nouveau scandale financier est venu donner un coup de pousse au gouvernement pourtant très essoufflé de Taro Aso.
Cette année s'organisent plusieurs consultations électorale, et non des moindres, au Japon. Plusieurs élections d'assemblées préfectorales (l'équivalent de nos conseils généraux), une élection législative et les élections de la conurbation de Tokyo pendant l'été. Depuis des mois, l'opposition représentée essentiellement par le DPJ (Parti Démocratique du Japon) et par son leader de poids, un ténor de la vie politique japonaise, Ichiro Ozawa, a mené une campagne très active au niveau local et terriblement efficace, mettant à mal les élus de la majorité toutes tendances confondues.
La chute de la cote de popularité de Taro Aso, de son gouvernement et de son parti est venu s'ajouter à une situation économique difficile, à une récession historique au Japon, et à quelques notes discordantes dans le discours tant sur les problématiques domestiques que sur les relations internationales de la part du chef du gouvernement, le premier ministre Taro Aso. Cette conjonction a joué en faveur de l'opposition et d'un sentiment de fatigue de l'électorat japonais qui, malgré une certaine anémie culturelle en matière de positions politiques, commence à se demander si une alternance ne serait pas une bonne chose.
C'était sans compter avec la spectaculaire aptitude du monde politique japonais à faire exploser des scandales dans les moments opportuns. En Mars dernier, après une campagne victorieuse sur tous les fronts, le premier secrétaire du bureau politique de M. Ozawa, M. Takanori Okubo a été mis en examen pour avoir accepté des fonds de soutien d'un grand groupe du BTP, Nishimatsu Construction Co, qui a déjà à son actif plusieurs tentatives de corruption. Cette mise en examen vient s'ajouter à une prise de position conservatrice, voire féodale, de M. Ozawa sur le gouvernement qu'il viendrait à mettre en place le cas échéant.
A l'heure actuelle, le Japon connaît une crise politique grave dans laquelle la coalition au pouvoir contrôle la chambre basse de la Diet, et ou la coalition d'opposition menée par le DPJ contrôle la chambre haute. Cette situation rend compliquées toutes formes d'actions législatives et retarde considérablement les transformations sociales qui apparaissent comme nécessaires pour faire face aux défis nouveaux auxquels le pays est confronté comme le chômage des jeunes, la récession économique, la baisse de performance de l'industrie, etc. Car si le Japon ne fait pas les gros titres en matière de crise financière, il n'en est pas moins durement atteint avec pour désavantage de se trouver aux portes de la Chine avec lequel les relations ne sont pas si faciles malgré les efforts de nombreux diplomates et personnalités régionales.
Avec la démission de Ichiro Ozawa de la direction du DPJ et du coup l'éviction de ces principaux collaborateurs, ce sont des nouveaux venus qui sont pressentis pour reprendre les rênes d'une campagne de conquête du pouvoir et la tête d'une coalition d'opposition qui ne démord pas de son objectif premier : l'alternance. Ce coup de théâtre donne un coup d'arrêt à l'érosion de la politique du cabinet Aso et de la coalition PLD-New Komeito. Mais il ne garantit en rien une victoire confortable pour cette dernière aux prochaines élections.
Il faudra aux députés du PLD et du Nouveau Komeito plus de dynamisme, des mesures de relance plus forte et surtout un véritable engagement politique tant intérieur que sur la scène internationale pour éclipser définitivement l'espoir de l'alternance et de changements promis par l'opposition. Car c'est sur cet axe que s'inscrit encore l'élan du DPJ et de ses alliés : en finir avec la corruption par les grandes corporations industrielles, avec une certaine forme d'aristocratie familiale en politique et avec un immobilisme politique et social avéré.
Il est à craindre que ce énième scandale politico-financier ne conforte la coalition au pouvoir dans l'idée d'une partie gagnée d'avance. La prudence et le parti du moindre risque pourraient bien se retourner contre la coalition au pouvoir et renverser le gouvernement Aso.
Sources : Yomuri Online, Japan Times, Mainichi Daily News, Kyodo news, Economist.com
Cette année s'organisent plusieurs consultations électorale, et non des moindres, au Japon. Plusieurs élections d'assemblées préfectorales (l'équivalent de nos conseils généraux), une élection législative et les élections de la conurbation de Tokyo pendant l'été. Depuis des mois, l'opposition représentée essentiellement par le DPJ (Parti Démocratique du Japon) et par son leader de poids, un ténor de la vie politique japonaise, Ichiro Ozawa, a mené une campagne très active au niveau local et terriblement efficace, mettant à mal les élus de la majorité toutes tendances confondues.
La chute de la cote de popularité de Taro Aso, de son gouvernement et de son parti est venu s'ajouter à une situation économique difficile, à une récession historique au Japon, et à quelques notes discordantes dans le discours tant sur les problématiques domestiques que sur les relations internationales de la part du chef du gouvernement, le premier ministre Taro Aso. Cette conjonction a joué en faveur de l'opposition et d'un sentiment de fatigue de l'électorat japonais qui, malgré une certaine anémie culturelle en matière de positions politiques, commence à se demander si une alternance ne serait pas une bonne chose.
C'était sans compter avec la spectaculaire aptitude du monde politique japonais à faire exploser des scandales dans les moments opportuns. En Mars dernier, après une campagne victorieuse sur tous les fronts, le premier secrétaire du bureau politique de M. Ozawa, M. Takanori Okubo a été mis en examen pour avoir accepté des fonds de soutien d'un grand groupe du BTP, Nishimatsu Construction Co, qui a déjà à son actif plusieurs tentatives de corruption. Cette mise en examen vient s'ajouter à une prise de position conservatrice, voire féodale, de M. Ozawa sur le gouvernement qu'il viendrait à mettre en place le cas échéant.
A l'heure actuelle, le Japon connaît une crise politique grave dans laquelle la coalition au pouvoir contrôle la chambre basse de la Diet, et ou la coalition d'opposition menée par le DPJ contrôle la chambre haute. Cette situation rend compliquées toutes formes d'actions législatives et retarde considérablement les transformations sociales qui apparaissent comme nécessaires pour faire face aux défis nouveaux auxquels le pays est confronté comme le chômage des jeunes, la récession économique, la baisse de performance de l'industrie, etc. Car si le Japon ne fait pas les gros titres en matière de crise financière, il n'en est pas moins durement atteint avec pour désavantage de se trouver aux portes de la Chine avec lequel les relations ne sont pas si faciles malgré les efforts de nombreux diplomates et personnalités régionales.
Avec la démission de Ichiro Ozawa de la direction du DPJ et du coup l'éviction de ces principaux collaborateurs, ce sont des nouveaux venus qui sont pressentis pour reprendre les rênes d'une campagne de conquête du pouvoir et la tête d'une coalition d'opposition qui ne démord pas de son objectif premier : l'alternance. Ce coup de théâtre donne un coup d'arrêt à l'érosion de la politique du cabinet Aso et de la coalition PLD-New Komeito. Mais il ne garantit en rien une victoire confortable pour cette dernière aux prochaines élections.
Il faudra aux députés du PLD et du Nouveau Komeito plus de dynamisme, des mesures de relance plus forte et surtout un véritable engagement politique tant intérieur que sur la scène internationale pour éclipser définitivement l'espoir de l'alternance et de changements promis par l'opposition. Car c'est sur cet axe que s'inscrit encore l'élan du DPJ et de ses alliés : en finir avec la corruption par les grandes corporations industrielles, avec une certaine forme d'aristocratie familiale en politique et avec un immobilisme politique et social avéré.
Il est à craindre que ce énième scandale politico-financier ne conforte la coalition au pouvoir dans l'idée d'une partie gagnée d'avance. La prudence et le parti du moindre risque pourraient bien se retourner contre la coalition au pouvoir et renverser le gouvernement Aso.
Sources : Yomuri Online, Japan Times, Mainichi Daily News, Kyodo news, Economist.com
Pratiquer le bouddhisme en temps de crise
Le printemps tente de s'installer en France, mais les dérèglements climatiques, la crise financière et le courant invisible de la récession économique continuent de plomber l'atmosphère et les esprits. Mais devant des dangers de tailles colossales et des menaces planétaires, les individus préfèrent se replier sur des problèmes plus proches, plus raisonnables, plus acceptables... mais bien souvent tout autant insolubles : chômage, coût de la vie, souffrances au travail, déchirements familiaux, absence de valeurs morales, échec scolaire, pauvreté, misère physique comme intellectuelle. Où que l'on porte son regard, la réalité ne nous réserve que des tableaux sombres, homogènes, désespérés. Alors même que nous terminons bientôt la première décennie du 21e siècle, l'avenir apparaît comme compromis, autant pour nous que pour nos enfants.
Il y a un peu plus de 50 ans, le 2 avril 1958, Josei Toda, président de la Soka Gakkai, quittait ce monde épuisé mais ayant gagné son pari. A la veille de son décès, 750 000 foyers japonais avaient rejoint le mouvement populaire et bouddhiste de Soka Gakkai. Ce choix familial, bien souvent voulu et soutenu par les femmes, ne signifiait, à cette époque, pas seulement une orientation religieuse personnelle et privée, mais aussi une manière de vivre et un changement dans le comportement social. Quand on sait l'importance des convenances et du savoir être dans les civilisations orientales comme peut l'être la culture japonaise, on mesure aisément la radicalité du choix de ces hommes et de ces femmes qui acceptèrent de recevoir et de garder le Gohonzon.
Pour Josei Toda, la conversion, au vrai sens du terme, de ces 750 000 familles ne représentait pas seulement une réussite numérique, ou bien une justification de son action et de celle des milliers de militants qui formaient l'essentiel de la Soka Gakkai japonaise. Cette victoire signifiait surtout un changement déterminant dans les esprits et la manière de vivre japonaise. Il s'agissait d'une sortie définitive de la culture féodale et autoritaire de l'ère Meiji pour entrer définitivement dans la modernité et le progrès social.
Ce succès ne s'est pas inscrit dans un contexte de facilité ou dans des conditions sociales aisées et confortables. A la lecture de La Révolution Humaine (Editions du Rocher), on découvre le Japon de l'après-guerre, littéralement rasé par les bombardements, détruit intellectuellement par une propagande nationaliste stérile, atomisé au sens propre comme au sens figuré. Ce n'est pas une élite intellectuelle, ni une classe bourgeoise qui décide d'adhérer aux enseignements de Nichiren et aux valeurs véhiculées par le mouvement Soka dès la fin des années 40. Et c'est dans un paysage social assez analogue au notre que va se développer et croître l'organisation japonaise qui compte aujourd'hui plusieurs millions de foyers et la troisième force politique du pays.
A l'instar de Josei Toda, Daisaku Ikeda, son disciple et successeur, a poursuivi et complété le rêve de son maître en dotant la Soka Gakkai de tous les outils nécessaires à faire émerger et fleurir la pensée Soka et la culture Soka au Japon et au delà de l'archipel. Cette institution nationale qu'est devenue Soka Gakkai ne s'est pas non plus construite sur des bases confortables ou bien à des périodes fastes. De même, la Soka Gakkai n'a jamais attendu la reconnaissance publique spontanée ou le crédit monastique pour mener ses activités de diffusion du bouddhisme, mais aussi ses actions humanitaires et sociales. Toutes les victoires ont été gagnées à la force de l'action concrète et non par le jeu des mécaniques juridiques ou institutionnelles en vigueur à telle ou telle époque.
Aujourd'hui, en France et dans de nombreux pays d'Europe, les situations politiques, sociales et économiques sont très semblables à l'après-guerre. Le nombre de tués est infiniment moindre, mais les souffrances n'en sont que décuplées tant l'absurdité des systèmes et des décisions vient contredire le simple sens commun de chaque citoyen. C'est donc maintenant, au milieu des « calamités et des désastres » que peut et que doit s'inscrire le mouvement Soka et les enseignements de Nichiren.
C'est dans cet esprit et dans l'objectif de construire une pensée Soka en langue française qu'est publiée cette initiative provenant de la base. Ce blog, à l'instar des actions énergiques de mes maîtres en la matière, fait partie d'une série d'initiatives qui, je l'espère, feront réfléchir et réagir les pratiquants du bouddhisme de Nichiren pour finalement susciter un authentique et attendu mouvement éthique et social dans la sphère publique.
Il y a un peu plus de 50 ans, le 2 avril 1958, Josei Toda, président de la Soka Gakkai, quittait ce monde épuisé mais ayant gagné son pari. A la veille de son décès, 750 000 foyers japonais avaient rejoint le mouvement populaire et bouddhiste de Soka Gakkai. Ce choix familial, bien souvent voulu et soutenu par les femmes, ne signifiait, à cette époque, pas seulement une orientation religieuse personnelle et privée, mais aussi une manière de vivre et un changement dans le comportement social. Quand on sait l'importance des convenances et du savoir être dans les civilisations orientales comme peut l'être la culture japonaise, on mesure aisément la radicalité du choix de ces hommes et de ces femmes qui acceptèrent de recevoir et de garder le Gohonzon.
Pour Josei Toda, la conversion, au vrai sens du terme, de ces 750 000 familles ne représentait pas seulement une réussite numérique, ou bien une justification de son action et de celle des milliers de militants qui formaient l'essentiel de la Soka Gakkai japonaise. Cette victoire signifiait surtout un changement déterminant dans les esprits et la manière de vivre japonaise. Il s'agissait d'une sortie définitive de la culture féodale et autoritaire de l'ère Meiji pour entrer définitivement dans la modernité et le progrès social.
Ce succès ne s'est pas inscrit dans un contexte de facilité ou dans des conditions sociales aisées et confortables. A la lecture de La Révolution Humaine (Editions du Rocher), on découvre le Japon de l'après-guerre, littéralement rasé par les bombardements, détruit intellectuellement par une propagande nationaliste stérile, atomisé au sens propre comme au sens figuré. Ce n'est pas une élite intellectuelle, ni une classe bourgeoise qui décide d'adhérer aux enseignements de Nichiren et aux valeurs véhiculées par le mouvement Soka dès la fin des années 40. Et c'est dans un paysage social assez analogue au notre que va se développer et croître l'organisation japonaise qui compte aujourd'hui plusieurs millions de foyers et la troisième force politique du pays.
A l'instar de Josei Toda, Daisaku Ikeda, son disciple et successeur, a poursuivi et complété le rêve de son maître en dotant la Soka Gakkai de tous les outils nécessaires à faire émerger et fleurir la pensée Soka et la culture Soka au Japon et au delà de l'archipel. Cette institution nationale qu'est devenue Soka Gakkai ne s'est pas non plus construite sur des bases confortables ou bien à des périodes fastes. De même, la Soka Gakkai n'a jamais attendu la reconnaissance publique spontanée ou le crédit monastique pour mener ses activités de diffusion du bouddhisme, mais aussi ses actions humanitaires et sociales. Toutes les victoires ont été gagnées à la force de l'action concrète et non par le jeu des mécaniques juridiques ou institutionnelles en vigueur à telle ou telle époque.
Aujourd'hui, en France et dans de nombreux pays d'Europe, les situations politiques, sociales et économiques sont très semblables à l'après-guerre. Le nombre de tués est infiniment moindre, mais les souffrances n'en sont que décuplées tant l'absurdité des systèmes et des décisions vient contredire le simple sens commun de chaque citoyen. C'est donc maintenant, au milieu des « calamités et des désastres » que peut et que doit s'inscrire le mouvement Soka et les enseignements de Nichiren.
C'est dans cet esprit et dans l'objectif de construire une pensée Soka en langue française qu'est publiée cette initiative provenant de la base. Ce blog, à l'instar des actions énergiques de mes maîtres en la matière, fait partie d'une série d'initiatives qui, je l'espère, feront réfléchir et réagir les pratiquants du bouddhisme de Nichiren pour finalement susciter un authentique et attendu mouvement éthique et social dans la sphère publique.

